Introduction au chapitre 11 de la Daduniade, « Le trésor oublié de l'île aux crabes »
Ce chapitre de la Daduniade est le moins travaillé par l'auteur. Il semble avoir voulu y retourner vers la fin de sa vie. Chronologiquement, il se situe avant l'élévation de notre déesse Elizete, mais après l'incarnation de son ennemi Kiki.
Nous énumérerons brièvement les éléments qui seront développés dans la suite.
1- Peu d'informations précises sur ce qui s'est déroulé sur la première île
Il est probable que le manque de témoins ait gêné l'auteur dans son écriture. On gardera néanmoins pour certain l'arrivée de ceux de Dadun sur une île peuplée de primitifs, et leur départ pour le Cap de Cristal dès le lendemain.
Une tradition de la côte shémite rapporte des phénomènes inexpliqués durant leur bref séjour sur cette île, notamment un bateau maudit par les mouettes, et l'attitude inhabituelle de plusieurs espèces animales, engagées dans des comportements reproducteurs hors saison. Si cela reste sujet à discussion, on rapporte des rites pouvant y faire référence dans plusieurs peuplades insulaires, au sud du continent : au tout début de l'hiver, les participants à ces rites se déguisent en animaux (loups, sangliers, ragondins, gerbilles...) et boivent une boisson mystique préparée par le pressurage de mouettes mortes en cours de fermentation. Le premier participant perdant connaissance est nommé « Druk », ou « Drunk », quasi homonyme de Daruk, dont Bastilla nous décrit l'ivresse après avoir absorbé du « jus de mouette ». Commencent les festivités, qui voient plusieurs objets insérés dans le rectum du « Druk », alors que des couples se forment et pratiquent le coït sacré censé faire revenir le soleil et favoriser la fertilité des sols et des bêtes.
2- Localisations discutées
Il n'est pas possible de trouver le Cap de Cristal, si cette île a véritablement existé. Plusieurs savants la situent au sud du continent, d'autres au milieu de la Vilayet, en raison de traces d'incendie datant d'il y a environ 3000 ans. La localisation est également rendue difficile par le recouvrement lié à l'autre catastrophe majeure de l'Antiquité, la chute du deuxième soleil d'Ibn Ghazi. Les destructions massives de l'une recouvrent celles de l'autre, rendant toute certitude illusoire.
3- Aucune information sur les éléments responsables de la destruction du "complexe du tonnerre"
Ce qui s'est passé sur le Cap de Cristal n'est pas connu et ne le sera jamais. Les traces d'un cataclysme majeur sont nombreuses dans les documents épigraphiques de l'époque, ainsi que dans les quelques écrits qui nous sont parvenus, au premier rang desquels, bien sûr, la Daduniade. Comment ceux de Dadun ont réussi à survivre à l'explosion reste mystérieux, à tel point que certains commentateurs pensent que les exploits contés par Minigo Bastilla et prenant place après cet épisode sont en vérité attribuables à d'autres héros archaïques.
4- Découverte récente du seul élément tangible en faveur de l'historicité de ce chapitre
Ultime ajout à ce dossier : la découverte, il y a vingt ans, par une compagnie de mercenaires en pleine forêt kushite, d'un casque de forme inhabituelle sur lequel l'inscription K-D4R a pu être déchiffrée. Le contexte de découverte évoque une origine plusieurs fois millénaire. Le métal ne paraît connu d'aucune source antérieure. Le casque pourrait se rattacher aux mystérieux Kadars de la légende ; ce serait alors la seule preuve à ce jour de l'organisation décrite par Bastilla, ayant accès à des technologies et des matériaux inconnus.
