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Hic iacent Daduniadae, heroes quondam heroesque futuri.

« Pierre, mon petit, Pietro, va me chercher ce livre-là… le gros vert dans la bibliothèque. Oui, La Dadûniade.

J’aimerais t’en parler. Tu l’as déjà lu, je le sais. Tous les étudiants le lisent depuis des centaines d’années : les deux morts de Sybille, les deux soleils, les combats contre les démons anamelech puis Kiki, le combat contre l'armure Kadar, la première manifestation de notre déesse Elizete, les nombreux bâtards engendrés...

Nous ne savons pas grand-chose de son auteur, Minigo Bastilla. Il n'est même pas sûr qu'il eût réellement existé. Tout n’est probablement pas vrai, mais comme je te le dis souvent, il ne faut pas laisser la vérité se mettre en travers d’une belle histoire.

Mais ce n’est pas pour cela que je veux te parler de ce livre, Pierre.

Tu sais que ce livre n’a pas de fin. C’est de cela que je souhaite parler.

Dans ce domaine comme dans d’autres, ce qui compte n’est pas ce que l’on sait, mais ce que l’on croit.

Je crois que ce livre n’a pas de fin parce que, quelque part, ceux de Dadûn courent toujours, cheveux au vent pour certains, les dents serrées.

Et je crois qu’ils reviendront, un jour, dans cent ans ou dans mille, pour lutter contre une catastrophe dont ils seront peut-être les responsables. »